Ce sont des peintures dérangeantes
dont on ne sait pas comment les aborder et le mot
dérangeant n’est pas une simple coquetterie
de la critique d’art qui a tendance à
ériger un peu facilement le vice en vertu.
Non, ces tableaux ne sont pas faciles d’accès.
Le traitement hyperréaliste
vise à produire un choc avec la réalité,
qui détruit toute forme d’idéalisation,
en en accentuant parfois la laideur.
Les corps présents sur ces peintures ne sont
pas ceux que l’on définirait comme beaux
mais on ne peut leur dénier une certaine noblesse.
La vigueur et la présence physique de cette
peinture sans concession, que souligne la touche épaisse,
densifie les objets et les figures, déstabilisant
ainsi la perception.
Transposées en peinture, les
images ont perdu leur caractère d’illustrations
inoffensives. Leur reproduction sur la toile produit
le surgissement de l’existence nue de fragments
de réalité.
Les peintures de Jean Bernard Pouchous
sont dérangeantes, difficiles ; elles sont
conflictuelles. L’aspect séducteur des
toiles attire pour mieux poignarder. Telles ces filles
à peine pubères, adolescentes qui se
savent sexuellement
attirantes. Les nudités de la série
« Naturalisme sexe » dévoilent
une sexualité qui brouille toute image d’innocence
enfantine.