HYPERREALISTES
EN FRANCE

PUBLICATION REALISEE PAR
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Galerie Catherine et André Hug
Art Contemporain Jacob 1
Septembre 2005
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TABLE DES MATIERES
Chapitre 1: Hyperréalisme, le retour
Chapitre 2: Un mouvement à facettes
- Un adorable leurre
- Le retour de la technique
- Sharp focus et gigantic scale
- Le réel, le symbolique et l’imaginaire
- Hyperréalisme et trompe l’œil
- Une société du spectacle
- Photographie : des rapports complexes
- L’envers de l’hyperréalisme : l’abstraction ?
- L’école européenne
Chapitre 3: Hyperréalistes en France
- Pierre Barraya
- Jacques Bodin
- Ronald Bowen
- François Bricq
Chapitre 4: Bibliographie
Chapitre 1
Hyperréalisme, le retour
Si l’Hyperréalisme( terme français équivalent aux termes américains Photorealism et Superrealism) a fait l’objet de nombreuses publications à l’époque de son explosion à la fin des années 60 et au début des années 70, il est par la suite devenu pratiquement impossible de trouver un article, une revue ou un ouvrage traitant le sujet selon une approche globale.
Comme s’il s’était agi d’une manifestation spasmodique de mode aussi vite oubliée qu’elle était apparue.
Il est vrai que c’est un mouvement difficile à intégrer : entre la scène contemporaine et les grands ténors de la modernité, ce qui est au milieu est difficile à aborder.
Probablement parce qu’il n’était pas parvenu dans les années 70 à faire comprendre qu’il était autre chose qu’une mode, l’hyperréalisme a été rélégué aux oubliettes de l’art contemporain.
L’actualité récente au travers de plusieurs manifestations a constitué les bases d’une possible relecture. L’exposition « Hypermental » à Zurich fut la première à présenter des tableaux hyperréalistes en Europe, suivie par d’autres manifestations dont la plus emblématique fut l’exposition « Hyperréalismes USA 1965-1975 » présentée en septembre 2003 au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg.
On ne peut que constater le retour à la lisibilité des hyperréalismes.
La plupart des peintres initiateurs de ce mouvement ont continué, enrichi et souvent diversifié leur œuvre, relayés par une puis deux générations de nouveaux artistes parfois regroupés sous l’improbable bannière de néohyperréalisme.
Poursuivant cette entreprise de réhabilitation, la présente exposition propose de regarder plus attentivement les œuvres de 4 artistes français : Pierre Barraya, Jacques Bodin, Ronald Bowen, François Bricq.
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Il est légitime en effet de se demander s’il y a une « écriture française » de l’hyperréalisme et si oui est ce que l’affranchissement de la tutelle américaine détermine une posture esthétique propre ? La critique a eu un regard condescendant sur ce mouvement et ses peintres, sans les avoir étudiés d’ailleurs et cette question de la spécificité ou d’une éventuelle qualité nationale reste en suspens. Un certain nombre d’artistes méritent d’être vus ou revus et qu’on fasse le bilan de leur travail. S’il est risqué de prétendre tirer une leçon générale de la présentation des travaux de quelques artistes seulement, cette exposition a du moins le mérite de proposer quelques enseignements, qui fournissent une base à la réflexion. |
Jacques Bodin, De dos II,1993 185/145 |
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François Bricq, Point de fuite, 1992 130/114 |
Premier constat, aucun des peintres présents ne cultive le style « universel » signe d’une mise à niveau internationale de la langue artistique, mais les problématiques artistiques proposées n’entendent pas revendiquer une quelconque identité nationale. A vrai dire le spectateur se voit plutôt confronté à des propositions au contenu protéiforme, non unifié, un contenu à large spectre tirant diversement vers les problèmes de forme et de lumière( R. Bowen ), le réalisme magique ( P. Barraya, J. Bodin), la problématique de la machine( F. Bricq). |
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Pour certains ce sera le moyen de vérifier une fois encore que la globalisation est en marche, phénomène au demeurant naturel à notre époque, tandis que tout en vient à circuler et à se dupliquer selon le principe du remix, cet artifice des sphères culturelles chaque jour plus universel.
Pour d’autres l’art hyperréaliste français met précisément en évidence la différence qui sépare dorénavant les cultures européennes et américaines. Nous savons en effet, à la lumière des récents développements historiques et esthétiques de nos histoires respectives, que cette différence fut longtemps masquée par la singulière proximité entre les deux cultures et par l’ascendant pris par New York aux dépens de Paris sur le marché de l’art.
Deuxième constat, cette exposition offre autre chose que la vision lisse et aseptisée de l’hyperréalisme qui a assis sa popularité mais aussi provoqué sa provisoire mise en sommeil.
Pointant la dimension menaçante des œuvres et leur virulence sous-jacente, elle nous rappelle que l’histoire de l’art se réécrit sans cesse.
Et ce retour de l’hyperréalisme, d’une ampleur et d’une force peu commune, ne manque pas de souffle.

Jacques Bodin, De dos XIV, 2004, 180/140
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François Bricq Point de fuite,1995 130/130 |
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Jacques Bodin Arbre III, 2002 140/140 |
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Pierre Barraya Bateau baché, 1988,130/87 |
Ronald BowenUrinoir, 2004,130/97 |
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François BricqHélicoptère Ombre grise1995,146/114 |
CHAPITRE SUIVANT
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